Clémence Roux, future conseillère d’orientation-psychologue

Droits réservés. Victor Alexandre
Conseillère d’orientation stagiaire, en deuxième année de formation à l’INETOP (Institut National d’Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle), l’institut de formation des conseillers d’orientation-psychologues.
J’ai d’abord choisi la psychologie avant l’orientation, avant de découvrir cette branche particulière de la psychologie. J’ai eu un premier contrat hors Education Nationale, au sein d’un Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique. J’ai été contractuelle (en contrat avec l’Education Nationale, mais sans un statut de fonctionnaire, NDLR), ça m’a beaucoup plu. Le milieu scolaire me plaît beaucoup, je pense qu’on peut y faire énormément. Je suis très touchée par ce que disent les jeunes, ça me parle beaucoup, ça m’interroge. Il y a des choses qui nous semblent parfaitement évidentes et que eux viennent réinterroger.
C’est au cours d’un échange d’emails, au cours duquel j’explique que j’aimerais rencontrer une personne en formation de COP que Sylvie Amici me recommande de contacter Clémence. Nous nous rencontrons à 8 heures du matin, dans un café de la Rue Gay-Lussac, avant le début des cours de Clémence à l’INETOP.
Les études de Clémence semblent tout à fait lui convenir. Elle m’explique notamment la façon dont elle a été passionnée par son stage en entreprise, ce qu’il lui a apporté et ce qu’elle peut en transmettre aux élèves qu’elle rencontre.
Je me permets de soumettre à sa sagacité un extrait d’interview de M. Jean-Robert Pitte, parue dans le Parisien l’avant-veille de notre rencontre. Au cours de cet entretien, le Délégué à l’Information et à l’Orientation auprès du Premier Ministre, met en avant l’importance « d’accompagner les jeunes vers un métier ». Plus que vers un métier, Clémence se voit comme une préparatrice vers le monde du travail.
Elle s’inquiète en effet de voir des adolescents terrifiés à l’idée de devoir choisir un métier. Ils voient ce choix comme une décision qui va gouverner toute leur vie. Or, pour Clémence, il est indispensable de laisser aux enfants, adolescents et étudiants un droit à l’erreur, en leur faisant comprendre qu’un choix de formation n’est pas le choix de toute une vie.
Je demande à Clémence l’impression que lui fait le métier de conseiller d’orientation-psychologue dans le contexte actuel de, au minimum, remise en question de leur environnement de travail (diminution du nombre de C.I.O., restriction drastique des postes aux concours, départs en retraite non remplacés…). Clémence a déjà vu « beaucoup de souffrance » chez des collègues COP mais que malgré les restrictions et les réformes le corps professionnel est vigilant, soudé et mobilisé.
Pour elle, enfin, ce métier, comme beaucoup d’autres, se heurte et se heurtera encore à des volontés administratives qui exigent de certaines professions la démonstration de leur efficacité par A+B. Or, pour Clémence, le travail de psychologue est en contradiction avec les critères d’évaluation qu’on demande actuellement aux COPs, puisque le travail même du psychologue est de s’effacer face à son sujet.
| Extraits disponibles de l’interview de Clémence Roux | |
| Extrait #1 | De l’intérêt du stage pendant la formation de COP |
| Extrait #2 | Accompagner vers le travail ou orienter vers un métier? |
| Extrait #3 | Insister sur le droit à l’erreur |
| Extrait #4 | Un sentiment d’insécurité au sein de la profession |
| Extrait #5 | Un décalage entre les exigences administratives et les réalités de l’orientation |