Jean-Marie Quairel, 41 ans de conseil en orientation

Droits réservés. Victor Alexandre
Conseiller d’orientation – psychologue (COP) pendant 29 ans puis directeur de Centre d’Information et d’Orientation (CIO) pendant 12 ans. Retraité depuis septembre 2011.
Je suis né en 1947, j’ai commencé ma formation de conseiller d’orientation – psychologue en 1968, jusqu’en 1970. Ensuite, j’ai démarré en tant que COP à Poitiers, où je suis resté 4 ans. Puis, je suis parti à Carcassonne, Castelnaudary, où je suis resté 7 ans. Après, Nîmes, où je suis resté pendant 18 ans comme conseiller et deux ans comme directeur. Et puis enfin, le CIO d’Arles pour terminer, en tant que directeur, de 1999 à la rentrée 2011. Ca fait 41 ans dans les services d’orientation.
J’ai contacté Jean-Marie Quairel après avoir consulté un de ses messages sur un forum de COPs: Où vont-les-Cops.org. Militant au sein du Syndicat Général de l’Education Nationale (SGEN), qu’il décrit comme le « syndicat plutôt minoritaire » dans la profession, Jean-Marie accepte ma demande d’interview par e-mail et nous nous donnons rendez-vous dans un café parisien, un peu bruyant.
Ma première question porte sur le rôle qu’il a joué, en tant que COP, pendant ces quatre décennies d’activité. Perplexe, Jean-Marie m’explique que le rôle des COPs a radicalement changé depuis les années 1970.
Depuis son double point de vue syndicaliste et « vétéran de la profession », Jean-Marie porte un regard passionnant sur les évolutions du métier de conseiller d’orientation – psychologue. Il m’explique notamment la façon dont il perçoit le nouveau label, proposé par le Gouvernement: « L’orientation tout au long de la vie» et les contre-propositions que les professionnels avancent.
A propos de l’efficacité du système éducatif, Jean-Marie divise en trois parties les élèves qui fréquentent l’Ecole : ceux qui obtiennent une qualification et qui peuvent en profiter, ceux qui se qualifient mais n’arrivent pas à accéder aux réseaux des premiers et, enfin, ceux qui sont exclus du système.
Mais c’est en ce qui concerne les codes de déontologie des COPs et leur implication au travail que Jean-Marie est le plus éloquent. Leur rôle, c’est d’être un « maïeuticien», un accoucheur de projets. « Sauf exception , on n’est pas là pour avoir un projet à la place de la personne. La plupart des élèves ont en eux les ressources nécessaires pour décider de ce qui est bien pour eux… Il faut leur faire confiance, leur donner du temps et les accompagner de manière structurante, ce que l’organisation actuelle ne permet pas assez« . Neutres et indépendants, les COPs doivent, selon lui, dépasser leur statut de psychologue et recevoir les élèves avec une « bienveillance engagée». Le plus étonnant reste la façon dont ce professionnel, tout juste retraité, en vient presque à souhaiter un changement radical de sa profession et sa refonte complète: plutôt que d’être des conseillers d’orientation – psychologues, pourquoi ne pas devenir des « psychologues conseillers en parcours de formation»? Dans cette perspective, les familles seraient véritablement celles qui auraient le dernier mot quant à l’orientation de leur enfant, par opposition à une situation actuelle où les professeurs et le directeur d’établissement ont un poids considérable.
| Extraits disponibles de l’interview de Jean-Marie Quairel | |
| Extrait #1 | COP des années 1970. COP des années 2010 |
| Extrait #2 | Qu’est-ce que le label « Orientation tout au long de la vie »? |
| Extrait #3 | Un système éducatif à trois vitesses, à l’image de la société |
| Extrait #4 | Entrer dans une bienveillance engagée |
| Extrait #5 | Renommer l’orientation jusqu’à 18 ans et mettre l’accent sur le conseil en formation |